Où je suis !

Tournée des amis et prise d'air pur terminé, faut bosser maintenant et créer un site internet pour mes bijoux :)

samedi 29 octobre 2011

Mon Transsibérien



Le transsibérien, késako ?

Beaucoup de fantasmes entourent ce nom, beaucoup d’idées, de confusions parfois (avec l’orient express par exemple)… et surtout beaucoup de rêve…

C’est 15 jours après avoir quitté la Russie que je termine ce post rédigé au fur et à mesure et c’est avec délice que je me replonge dans ces souvenirs. Car y’a pas, le transsibérien est une expérience « à part ». Voilà pourquoi avant de continuer vers l’Asie où je suis maintenant, je souhaitais partager avec vous « mon transsibérien » et que vous puissiez avoir une idée plus précise de ce qu’il en est ! Alors, en voiture… SIMONE ;)

Alors avant tout tordons le coup à cette idée qu’il existerait UN seul train « le transsibérien » pour faire Moscou-Vladivostok. En fait, le transsibérien n’est pas un train mais une voie ferrée !  Cette voie légendaire a été construite sur plusieurs décennies entre la fin du 19ème siècle et le début du 20ème siècle. Prenant exemple sur le transcontinental canadien,  le Tsar Alexandre III souhaitait ainsi développer l’économie de la Sibérie, appuyer la flotte russe du Pacifique et augmenter l'influence commerciale politique et militaire de la Russie en Chine. La construction de cet édifice fut particulièrement ardue du fait du climat mais aussi des obstacles naturels à traverser. Elle fut construite sur plusieurs périodes et le dernier tronçon permettant de rejoindre Vladivostok fut achevé en 1916.




 Celle-ci, longue de 9288km, relie Moscou à Vladivostok et est empruntée par de nombreux trains de marchandises et de voyageurs. Pour cette dernière catégorie, le choix est large. Il va du train haut de gamme quasi vide (comme le Baikal N°10 ou d’autres à « patronyme » !) au train plus vétuste mais bien plus chaleureux. Dans chaque train il y a comme en France plusieurs classes : la première constituée de compartiments pour deux personnes, la seconde où l'on trouve des compartiments fermés pour 4 et la troisième classe (la moins chère que j'ai prise à chaque fois) où tout le monde dort dans un même wagon et qui s'appelle la "Platzkart".






Lorsque je suis montée pour la première fois dans le train à Saint-Pétersbourg j’appréhendais la promiscuité décrite par nombre de voyageurs qui avaient fait l'expérience de cette classe populaire, mais je fus agréablement surprise ! Imaginez : 36 personnes dans un même wagon sans séparation ! En France ça ne serait tout simplement pas envisageable. Cela tournerait au pugilat au bout de la première journée de cohabitation. Mais en Russie, les gens savent « vivre ensemble » et sont extrêmement respectueux. Aussi lorsque l'on veut par exemple grignoter quelque chose, tout le monde vous fait de la place et vous prie de vous installer autour de la petite tablette que l'on partage.

la Platzkart




la petite tablette qu'on partage... et ma tasse !!

Je craignais également que mes bagages ne soient pas en sécurité à bord de ce train, notamment la nuit, mais il n’en est rien ! Dans chaque wagon les uns font globalement attention aux autres et la provodnista est la garante de cette paix sociale ! C’est elle qui pendant tout le voyage nettoie le wagon et ses toilettes, contrôle les billets, rempli le samovar lorsque l’eau vient à manquer, donne les draps, et peut dépanner moyennant finances d’un en-cas ou boissons pour ceux qui ne peuvent attendre le prochain arrêt. Ces employées passent des jours et des jours dans ces trains. Parfois on peut les voir passer en tenue décontractée ce qui tranche avec l’uniforme qu’elles endossent systématiquement lorsque le train s’arrête et qu’elles se postent sur le quai à l’entrée de chaque wagon.  En Russie, il y’a autant de personnalités chez ces « maitresses de wagon » qu’il y a de marques de Vodka ! Pour ma part j’ai eu plus de provodnista attentive et cordiales mais la « best » j’ai tenu à vous la présenter et par chance le BIG boss du train passait au moment de la photo, alors en exclusivité pour Passmontour ils ont accepté la pose !!



Dans ce genre de train l’on se met très vite à l’aise après avoir trouvé sa place. A quoi l’on reconnait les habitués ? C’est simple, les premiers qui enfilent caleçon confortable, tee-shirt et chaussons sont ceux qui ont déjà été intronisés ! Une fois que le train démarre la « vie à bord du transsibérien » commence…

Celle-ci répond d’abord aux besoins primaires : tout le monde dors beaucoup, mange plus que nécessaire  (ça tue le temps !), et boit sans modération (certains bière et vodka mais majoritairement c’est plutôt  jus ou thé grâce au fameux samovar qui fournit de l’eau bouillante, voir la photo !)




un Samovar (tout neuf celui-là) Point de ralliement où l'on vient se servir en eau bouillante pour le thé, les nouilles lyophilisées ou la purée
Durant ces longues heures, la lecture occupe une place importante. La plupart des gens parcourent journaux et magazines. Pour certains, c’est « Crimes et Châtiments » de Dostoievski ( j’vous laisse deviner qui !!) tandis que d’autres tentent de finir leurs mots croisés.




Les discussions avec les voisins de « chambrée » font également partie intégrante du voyage ainsi que le partage de nourriture. Ayant choisi la troisième classe et les trains les moins chers, je n’ai rencontré aucun touriste à bord du transsibérien. Les russes croisés à bord de ces trains parlaient très rarement anglais aussi les échanges étaient chaleureux mais souvent brefs. Ce qui n’était finalement pas pour me déplaire car j’ai eu ainsi tout le loisir de lire, rêver, réfléchir ou juste ne rien faire et regarder la vie des autres… un de mes passe-temps favoris !




Le rythme de ce genre de voyage est surtout marqué par les arrêts du train dans les différentes gares qu’il traverse (parait qu’en tout, il en traverse pas moins de 990 de Moscou à Vladivostok ! Mais je ne les ai pas toutes vu ;). Lorsque la nourriture commence à manquer ou que l’atmosphère restreinte du wagon devient pesante, ces breaks sont vécus comme une délivrance et l’on se retrouve à faire la queue pour sortir du train et pour acheter quelque chose qui nous fait de l’œil… Mais toujours en chaussons, c’est le dress-code ! Au début de mon voyage il y avait peu de ces stands installés précairement sur les quais par les habitants du coin mais plus on s’éloigne de Moscou, plus ils sont nombreux et variés. Difficile de ne pas céder à la tentation du péléméni, patates cuisinées, choux râpé ou autres délices russes même lorsque comme moi l’on sait qu’on prend un gros risque d’indigestion vu les conditions précaires de ventes et de transport ! Mais le cuisine russe est tellement bonne !

tous en claquettes !!


Petits stands installés à la va vite sur les quais

Autre point de restauration... un peu cher mais tellement bienvenu



A chaque arrêt des techniciens remontent ainsi le train en tapant avec un petit marteau sur les rouages des roues !!!

Pour ce qui est des paysages qu'on traverse, ils sont dans l’ensemble assez monotones, composés essentiellement de vastes forets ou d'infinies plaines. Heureusement, l’automne et le soleil (quand il était là) illuminaient la moindre petite maison de campagne russe (Datcha), rivière ou forêt traversées.


















A cette période de l’année l’on peut découvrir les différentes personnalités des arbres installés en Sibérie : certains sont sans gênes et ont déjà totalement quitté leur parure, faisant rougir de honte d’autres plus prudes. D’autres enfin restent stoïques devant cette scène habituelle et conserve fièrement leurs épines vertes !!


 


Certains comparent cette traversée de la Russie à une traversée maritime et je dois avouer qu’il y a un peu de ça (enfin j’imagine car je n’ai jamais pris la mer des jours durant !).
En tous cas, dans le transsibérien l'on a très vite l’impression de ne plus toucher terre. Après le premier jour passé dans le train, on est comme happé dans un autre monde et on décroche complétement d’avec celui duquel on vient. C’est un voyage très apaisant, qui force à se poser, à réfléchir, qui laisse le temps au rêve, aux rencontres, aux silences, au partage. Un très beau voyage… qui demande certes de l’énergie, de la patience et parfois une dose d’abnégation mais on n’a rien sans rien !!

Dans le super train "Baikal" N°10, le plus propre des trains emprunté où la Provodnista aimable comme une porte de prison mettait la radio grésillante à fond dans le wagon (une horreur !)

J'ai rencontré des voyageurs qui avaient choisi de relier Moscou à Vladivostok d’une traite, parcourant ainsi 9288 km de traversée du pays en 7 jours. Je suis heureuse d’avoir choisi de faire différemment car pour moi, ce qui fait tout le charme de ce voyage, c’est justement de descendre du train et d’aller voir quels sont les habitants, les coutumes, les paysages qui composent cette si vaste et si méconnue Sibérie. 

Arrivée à 6h du mat' à la gare de Vladivostok le 11 octobre... I DID IT ;))

Les villes traversées sont nombreuses et il faut choisir ses « escales » avant même d’acheter les billets, c’est le seul moyen pour s’arrêter ! En fonction des rencontres, des conseils et un peu au hasard j’ai opté pour les villes de Kazan (où je suis restée du 24 au 27 septembre), Krasnoyarsk (du 30 au 2 octobre), Irkutsk (où je suis allée sur l’île d’Olkhon- lac Baikal du 3 au 7 octobre), Oulan Oude (juste la nuit du 7 octobre) pour arriver le 11 octobre à Vladivostok (après 3jours et demi non-stop dans le train ce qui a été mon plus long parcours sans arrêt ! ) – voir les prédédents post pour Kazan, Krasnoyarsk et le lac Baikal.

Je n’ai pas fait le plus classique des circuits, du coup je n’aurai par exemple pas vu Ekaterinoburg la ville où fut assassiné le dernier Tsar de Russie en 1918 ; je n’aurai pas vu non plus les maisons décembristes d’Irkustsk (y étant resté trop peu !), ni fait de balade à cheval dans les terres bouriates près d’Oulan Oude. 

Mais, mais, mais… j’ai rencontré les gens les plus extraordinaires de Russie, vu des ciels qui se sont imprimés en moi pour toujours et j’ai découvert une Sibérie pleine de contrastes : beaucoup plus peuplée que je ne l’imaginais mais gardant encore des petits paradis quasi vierges comme l’île d’Olkhon. Un mois pour ce voyage ce n’est pas assez, 3 mois c’est parfait ! Je reviendrai, je le sais car j’ai trouvé ici une seconde famille, une terre d’adoption, une chaleur humaine incomparable et des trains où la vie s’écoule lentement telle la sève des érables…  Envie de re goûter à ce nectar si puissant qu’est la Russie et sa Sibérie… 




Et vous vous y aller quand ?! En attendant embarquez pour 7 minutes de transsibérien grâce à cette petite vidéo où les paysages défilent au son de votre choix (musique russe ou lecture d’un passage de Guerre et Paix ?!! à vous de choisir !) http://www.google.ru/intl/ru/landing/transsib/en.html

Moi je poursuis ma route au Japon où je viens d’arriver après une première étape en Corée du Sud… Je fais mes premiers pas en Asie sous un soleil radieux et des érables qui roussissent à mesure que je les regarde… MAGIQUES ;)

samedi 22 octobre 2011

Le Lac Baikal m'a envouté



Arrivée à Irkusk le 3 octobre 2011 j’ai pris le jour même un taxi collectif pour rejoindre l’île d’Olkhon, située à environ 250km sur la rive ouest du lac Baikal et j’y ai passé 3 nuits.

La ville d’Irkutsk est le passage quasi obligé de tout voyage en Transsibérien, à part pour les fadas qui se font Moscou-Vladivostok en 7 jours sans arrêts (sisi ça existe et j’en ai même rencontré !). Mais franchement, comme je leur ai dit, ils ont raté une des merveilles de notre planète et c’est bien dommage de passer à ce point à côté ! Moi j’avais du temps avant que mon visa n’expire alors j’ai tenté l’expérience « Baikal » et suis restée quelques nuits à proximité.

Lorsqu’on arrive à Irkutsk on n’est pas encore sur les rives du lac, or quand on descend du train on n’a que ça en tête ! Bah oui quand on sait que c’est le lac le plus ancien du monde, le plus profond (plus de 1600m de profondeur) et le plus pur, qu’il contient à lui seul 20% des réserves d’eau douce et que c’est un des centres énergétiques de notre planète… ça rend curieux et ça donne envie d’aller le voir de plus près !




Plusieurs voyageurs rencontrés auparavant m’ayant vanté la beauté de l’île OLKHON, j’ai donc pris sa direction à bord d’un martchouka (taxi collectif russe) où deux nanas d’Allemagne avaient déjà pris place. Après la première heure de route l’on comprend vite pourquoi tous les pares brises de la région sont fendus de part en part… ici plus de routes mais des pistes chaotiques que les chauffeurs empruntent à vive allure au son entrainant de tubes russes qui passent sur leur radio ! Avec mes compagnes de routes on se demandait pourquoi  l’habitacle du taxi était tout de cuir matelassé, sont malins ces taxi-drivers !

Après la 4ème heure le taxi s’arrête et l’on se retrouve enfin se les rives du majestueux lac Baikal d’où l’on attend l’arrivée du bac qui va nous permettre de rejoindre l’île d’Olkon. Une petite gargotte nous permet de nous hydrater et de nous restaurer « sur le pouce ». Ici comme partout en Russie, la mode est au beignet  farci de pomme de terre, de choux ou de viande… pas mauvais bien qu’un peu gras cette fois ci !


traversée du bac et premières impressions de l'île d'Olkhon qui apparait en face


Avant d’arriver j’avais  longtemps hésité sur le mode d’hébergement. Sur cette île la plupart des touristes étrangers se retrouvent à la pension NIKITA qui pratique des prix un peu trop élevés à mon goût. Pour autant, je m’étais résolu à m’y rendre ne voyant pas d’autres alternatives. 

C’était sans compter sur la chance !! En effet, mes hôtes de Kazan avaient entendu parler d’un couchsurfer original habitant sur cette île ! Je n’avais même pas regardé car je n’imaginais pas trouver quelqu’un de la communauté dans ce tout petit village et pourtant Serguei est l’incarnation même de l’esprit Couchsurfing ! Installé dans ce village avec sa famille après avoir roulé sa bosse en Europe, il s’occupe maintenant de la petite église orthodoxe du village qu’il continue de décorer et dont il prend soin. Derrière l’église se trouve deux bâtiments. Dans l’un Serguei habite avec sa femme et ses enfants ; il a construit l’autre récemment aidé par de courageux couchsurfers de passage et c’est maintenant la « maison des couchsurfers » que ceux-ci peuvent continuer d’aménager et de construire en fonction de leurs compétences ! Une pièce sans prétention de laquelle se dégage pourtant une chaleur humaine hors du commun.

centre ville de Kouijir, la principale ville de l'ïle d'Olkhon ! Un autre monde...


Après avoir dit au revoir à mes compagnes de trajet qui avaient réservé chez Nikita, je tends à mon bourriate de driver mon petit papier sur lequel Ana m’avait écrit l’adresse de Serguei en russe. Le bougre ne comprenait pas ce que j’allais faire à l’église à 21h et il m’a bien fallu 5 min pour le convaincre de redémarrer !!! La nuit était déjà tombée lorsque je suis arrivée. L’intérieur de la maison était allumé mais personne ne répondait aussi j’ai avancé vers la mer en direction de l’église toute proche. 

Des petites enceintes postées de part et d’autre de la porte d’entrée diffusaient une douce mélodie religieuse invitant le passant à pousser la porte, ce que je fis. Mon nez fut immédiatement envouté par les effluves d’encens qui enveloppaient le petit hall d’entrée et mes yeux découvraient timidement l’endroit. Des bancs, des foulards, des icônes et des cierges semblaient attendre qu’on les remarque. Je restai à regarder, écouter, sentir ce nouvel endroit quelques minutes puis referma doucement la porte sur ce petit trésor que je n’osai découvrir d’avantage sans rencontrer pour commencer le maitre de ces lieux. Je refis une tentative chez Serguei et frappa plus fort à sa porte. Sa femme vint m’ouvrir et alla appeler Serguei pour m’accueillir. Quelques minutes plus tard je rencontrais enfin ce « sonneur de cloches » accompagné de son  fiston qui m’accueillt chaleureusement. Les couchsurfers hébergés jusqu’à présent avaient tous quitté le nid le jour même aussi je me retrouvai seule dans cette grande pièce tout de bois vêtue ce qui n’était pas pour me déplaire après des jours de cohabitation !

Kouijir by night

l'église de Sergueï



Mais c’était sans compter sur cet hôte d’exception qui après m’avoir apporté la marmite de soupe, me proposa de venir partager quelques verres avec des amis à lui arrivés le soir même d’Irkutsk. 

Igor et Tixon ne parlaient que russe mais grâce à Serguei l’on pu se « raconter »quelques bribes de vies  et rapidement la magie de certaines rencontres d’exception opéra… au bout d’une heure, Sergueï rejoignit sa famille, aussi nous continuâmes notre échange à l’aide de photos, de dessins. J’appris alors que ces deux originaux étaient là pour terminer une des plus importantes peintures murales de l’église et qu’Igor comme Tixon étaient tous deux peintres à Irkutsk. S'en suivi un partage de photos, de peintures. Je tombai instantanément sous le charme des peintures de Tixon et je leur montrai les quelques photos de l’atelier et des peintures de Kats. Quelque peu rompue du voyage je rejoignis ensuite mon cocon de bois afin de passer ma première nuit olkhonienne et les laissèrent en compagnie d’une bonbonne d’un alcool marron qui fait pas semblant de chauffer le gosier!! Z’ont du dormir comme des bébés après !

Sergueï

Le doux tintement des cloches me réveilla le lendemain matin et lorsque je mis le nez à la fenêtre et que je découvris la vue somptueuse sur le lac, je compris pourquoi Sergueï avait tout quitté pour venir « là ». 
Igor, qui toqua à ma porte quelques minutes plus tard, avait ressenti depuis plusieurs années déjà la magie d’Olkhon c’est pourquoi lorsque je lui ai demandé la veille combien de temps ils avaient prévu de rester ici il me répondit « pour toujours ». Nous prîmes un thé ensemble, il sorti puis revint quelques minutes plus tard en répétant un mot « Gribi » que je ne comprenais pas mais qui accompagné de ses gesticulations devint plus clair… il me proposait de les accompagner chercher des champignons ! 

Un carrefour à Kouijir !

S’en suivit une des plus belles journées de mon début de voyage. Sans parler la même langue ces deux fadas m’apprirent ce qui fait l’essence de la société russe : un puissant mélange de vie et de mélancolie, coulé dans un moule de réalisme un peu fou… Grace au 4x4 d’Igor nous avons parcouru les immensités d’Olkhon qu’ils tenaient à me faire découvrir dans ses moindres détails: forêts flamboyantes, plaines arides, mer étincelante et ciel immaculé... Tout cela au rythme d’un groupe russe totalement déjanté, de vodka et d’insanités russes qu’ils se faisaient un devoir de m’apprendre (sans que je les comprenne bien sûr !). Les photos parlent d'elles mêmes !









La suzuki "forester" d'Igor... notre fidèle destrier

"Passer ma vie sur les Routes, nomade tel un vagabond..." HK et les saltimbanks


Ce jour-là nous avons autant mangé que bu mais toujours « à la russe » ;)
Pélémenis (grosses raviolis farcis à la viande, humm !), Oumoul (poisson le plus courant du lac) et concombre en lamelles vinaigrés nous aidaient à enchainer les « shots »de vodka ! Ici c’est comme ça qu’on fait ! La vodka on ne la savoure pas parce que dans la grande majorité des cas (mise à part les très bonnes bouteilles sans doute) ce n’est pas savoureux !Alors on boit tous ensemble, d’un coup en portant un toast et aussitôt le verre reposé, on se dépêche d’ingurgiter quelques bouchées de ce qui se trouve sur la table histoire de faire passer le tout et de pouvoir recommencer ! Pas si dur que ça, même moi j’y arrivais !!


Pour notre dernière balade de la journée, nous avions embarqué Sandy et Julie deux françaises qui étaient arrivées dans la maison couchsurfing en début d’après-midi. Les dernières lumières dorées de cette fin de journée nous accompagnèrent Tixon et moi dans notre escalade du « Rocher du Chamane »… magique !


Julie et Sandy et leurs sublimes carnets de voyages remplis de dessins tous plus beaux les uns que les autres






IGOR ET TIXON

Les totems bourriates à proximité du Rocher du Chamane, haut lieu spirituel de l'île


LE ROCHER !





Avec Tixon aprés l'escalade du Rocher

Pleine d'énergiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiee ;))


Le lendemain c’est accompagnée de mes deux costumières préférées que je parcouru une partie des côtes du Baikal… un lac qui fait des vagues et dont on ne voit pas la fin (faut dire que 636km de long c’est pas rien !)




une des nombreuses carcasses de bateau du port de Kouijir

Ici les voitures ont une vie après la mort ! Sont p'tet sacrées ;)



Sorte d'art moderne nan ?








En rentrant nous découvrîmes de nouveaux compagnons de chambrée : Léa et Gabriel… Encore des français! Qui comme moi ont décidé de parcourir au long cours cette planète (cf leur site : http://leagabriel.en-escale.com/ ). En plein milieu de nulle part, au fin fond de la Sibérie un groupe de 5 français refirent le monde (enfin parlèrent voyages mais c’est kif kif!) un soir d’octobre autour d’une tablée remplie de pélémenis, d’oumoul et vodka ! Si c’est pas beau la vie !! Et comme si cela ne suffisait pas, nous proposâmes aux deux autres clients de notre petite gargotte de se joindre à nous parce que plus on est de fou, plus y’a de pélémenis, c’est bien connu en Russie ;) Elena et Mitsha tous deux russes, nous accompagnèrent volontiers et la valse des toasts commença ! Je dû malheureusement m’arrêter plus rapidement que prévu car nous avions réservé un Bania avec les filles (sorte de sauna) et Elena m’expliqua qu’il était fort déconseillé de s’y rendre trop alcoolisé ! 

de gauche à droite :  Elena (dans le fond), Sandy, Julie, Léa, Gabriel et Mitya


Se lavant difficilement dans la maison couchsurfing qui ne dispose pas de l’eau courante (cf photo) nous étions aux anges à l’idée de nous décrasser dans notre petite bania privée chauffée rien que pour nous. En bonnes touristes que nous sommes nous avions préalablement lu notre guide à la page « bania »et comme celui-ci mentionnait qu’il était d’usage en Russie de se fouetter le corps avec un bouquet de branches préparé à cet effet, nous nous en sommes données à cœur joie en pouffant comme de vraies dindes françaises !  


bah c'est jouable en fait, ca demande juste un peu plus d'organisation qu'avec un robinet et un vrai lavabo !

Le lendemain matin je repris la route en compagnie d’Elena et Mitsha qui la veille au soir m’avaient gentiment proposé de partager le taxi et de m’héberger pour ma nuit à Irkutsk. Sur le chemin du retour Elena me demanda si j’avais aimé le Baikal et si j’avais ressenti son energie particulière. Je ne sais si c’est l’énergie réputée de cet endroit qui a donné cette intensité à toutes ces belles rencontres mais une chose est sûre, le Baikal m’a envouté et ma dernière nuit passée à Irkustk chez Elena ne fut qu’un prolongement de toutes ces journées enchantées…

notre taxi collectif








visite express d'Irkutsk en fin d'aprés-midi en compagnie des deux meilleurs guides : Elena et Mitya
French Pancake Party chez Elena et Toast à la mode Russe inoubliables! L'un d'entre eux "à mon retour sur les rives de ce lac magique"... je reviendrai...
Il est parfois des moments que l’on voudrait voir s’étirer tel la guimauve des fêtes foraines… et rester, rester, rester, rester