Où je suis !

Tournée des amis et prise d'air pur terminé, faut bosser maintenant et créer un site internet pour mes bijoux :)

lundi 26 septembre 2011

Saint-Petersbourg, mon amour !


A Saint-Petersbourg j’ai d’abord élu domicile à l’auberge de jeunesse MIR en plein centre de la ville. Comme souvent j’ai mis du temps à me faire à ce changement d’environnement et j’ai passé de nombreuses heures à l’auberge à me reposer et surfer sur le net. Grace à cela j’ai rencontré beaucoup d’autres voyageurs avec qui j’ai partagé des soirées,  des balades et beaucoup de discussions. Daeki lee, une coréenne m’a même invitée chez elle à Seoul ! Vernie la fille ! L’équipe de l’auberge était géniale, et échanger avec Dima qui fait une thèse en sciences politiques à Saint-Pétersbourg fut extrêmement enrichissant.


Initialement j’avais prévu  4/ 5 jours dans cette ville, mais je m’y suis sentie si bien que j’y suis finalement restée 8 jours ! L’avantage de ne pas avoir de billets réservés à l’avance !
Pas une journée n’a ressemblée à une autre aussi il est difficile d’en faire un résumé.
Les premiers jours j’ai  beaucoup papoté et suis allée découvrir la ville le nez au vent entre gouttes et rayons de soleil (une alternance bien connue des Saint-Petersbourgeois qui ne sortent jamais sans leur parapluie !). La mer baltique étant très proche, le climat de cette ville est très variable et peut passer d’un extrême à l’autre au cours d’une même journée.
Durant les 4 premiers jours j’étais donc en plein cœur de la ville, sur la fameuse Nevski Prospekt.

                    Nevski prend sa source au niveau de l'Ermittage (ci-dessus)


Vu du café de l'immeuble Singer. Cet axe qui est l'épine dorsale de la ville (4,5km) est en mouvement perpétuel!

                          Immeuble de l'ancien siège des machines SINGER






 Pour la petite histoire, voilà le premier batiment qui m'a accueilli à 6h30 du matin aprés ma nuit passée dans le bus pour arriver jusqu'ici ! comment ne pas tomber sous le charme immédiatement !


La Cathédrale Kazan

Cette avenue est le cœur de Saint-Petersbourg et lorsqu’on la parcourt, l’on comprend rapidement que la ville est immense et qu’il ne faut pas se fier au plans qui laissent à penser que tout est proche ! Saint-Petersbourg s’étend sur 1439km2 ce qui en fait la ville la plus grande de Russie et la deuxième ville la plus peuplée (4,5 million d’habitants ) après Moscou. Pour comparaison, Paris ne fait que 105km2 !

Les habitants de Saint-Petersbourg sont donc habitués à marcher, leur métro ne couvrant qu’en partie ce vaste territoire. Néophyte en marathon urbain, j’ai découvert que l’on pouvait avoir crampes et courbatures sans faire de treks en montagne ! Une première !!
 Les escalators de certaines stations de métro sont impressionnants! Du fait de son terrain marécageux, des stations ont été construites à plus de 60 métres de profondeur


Le métro de SP, une de mes premières images de la Russie! Vintage le look!!

 Saint-Petersbourg est une ville impressionnante, composée de grandes avenues perpendiculaires, de centaines d’immeubles baroques, néo-classiques accolés les uns aux autres




Cette ville a été construite en 1703 sur un marais inhabité sous la volonté de Pierre Le Grand qui souhaitait créer à cet endroit une« fenêtre sur l’occident ». Ce qu’elle est ! Saint-Petersbourg fait rêver : ses canaux, le faste de ses palais, ses bulbes dorés. A cela s’ajoute une vie nocturne trépidante, et une offre culturelle de premier choix. Pendant une semaine j’ai profité de tout cela, toujours très bien entourée. Je me serai cru à Paris ! Petit aperçu du centre-ville

                                           


            On la surnomme la "Venise du Nord"


Petit apperçu des soirées... culturelle d'abord : un concert d'Orgue avec Andrey de SP et Sel-guie de Coréee du Sud





Aprés un concert survolté de Ska dans un des clubs de la ville, me voilà embarquée par les gars de l'hotel dans une des plus petites boites jamais vues : 'Fidel' !! Memorable !





N’ayant pas envie de partir, j’ai sollicité Anna de la communauté qui a eu la gentillesse de m’accueillir 4 nuits supplémentaires ! Avec un groupe de Couchsurfers nous sommes allées au château de Peterhof voir un feu d’artifice en l’honneur de la « trêve hivernal » de ses fontaines( en activité pour le dernier jour de l’année). La mer Baltique était aussi de la fête ! J’ai hésité à piquer une tête mais j’avais laissé mon maillot de bain à l’auberge !

 La mer Baltique







Le retour fut épique et inattendu puisqu’ayant raté le dernier métro je fus invitée à dormir chez Ana, une amie d’Elena (qui a poster un commentaire sur ce blog). Crèpe-party à une heure du matin, concert privé au pti-dèj… Ana sait recevoir !


Le lendemain je pus enfin prendre du temps avec Anna (mon hôte) qui me fit visiter « l’autre Saint-Petersbourg » : celui de Dostoïevski, des arrières cours, des marchés, de la corruption, des Kommunalka. L’envers du décor ! Quoi de mieux que de pouvoir ressentir et voir différentes facettes d’une ville ?!

         Exemple typique de cours intérieure




Grace à Anna, j’ai donc eu la chance de vivre dans une des Kommunalka que compte encore Saint-Petersbourg. Voici un lien qui explique l’origine de ce mode de cohabitation et la question sociale que cela pose !  http://www.regard-est.com/home/breve_contenu.php?id=557
Anna vit dans ce Kommunalka depuis 7 ans. Six personnes y cohabitent (elle, un homme d’une cinquantaine d’années, un couple, une dame et son fils) et chacun a une pièce. La  plupart ont acheté leur chambre il y a plusieurs années et ils partagent cuisine, salle de bain et toilettes. La complexité de ce mode d’habitation est que contrairement à une collocation, les gens qui habitent dans une Kommunalka ne se sont pas choisis, et qu’ils sont souvent contraints d’y vivre par manque de moyens. Les conflits sont fréquents dans ce genre d’habitations mais Anna semble les gérer assez bien et réussi à les atténuer (non sans déployer une bonne dose d’énergie et de patience !). 
Dans le quartier où habite Anna les anciens immeubles ne sont pas réhabilités. Dans beaucoup d’entre eux subsistent encore des Kommunalka, et les personnes qui y vivent ne peuvent supporter l’effort financier que nécessiterait ravalement et autres rénovations. Les institutions gouvernementales semblent privilégier l’entretien et la rénovation des immeubles du centre-ville, laissant à l’abandon bon nombre d’immeubles des quartiers périphériques (pourtant qu’à deux stations de métro du centre !)
Avec Anna, nous avons parcouru le plus célèbre marché de Saint-Petersbourg. Un joyeux bordel que la municipalité a essayé de fermer pour rénovation en vain ! Tout le monde semble y trouver son compte... rien n'est vraiment légal et les forces de l'ordre ferment les yeux moyennant finnances. Une pratique ultra courante en Russie d'aprés ce que j'ai entendu!









Aprés cette journée bien remplie, direction la périphérie de la ville (le dortoir en quelques sortes!) chez Elena l'artiste qui nous avait invitée à manger ! Au menu crèpes armeniennes et Bordeaux!!




                                  Elena et mon hôte Anna en pleine préparation !



De Saint-Petersbourg je garde avant tout en mémoire toutes ces très belles rencontres qui ont rythmées ma semaine, ces moments partagés, sa vie culturelle, ses contrastes, ses pluies torrentielles qui s’arrêtent soudainement alors que ses énormes gouttières continuent à déverser le trop plein d’eau et que ses sols se transforment en une myriade de petits lacs forçant tous ses habitants à regarder où ils posent leurs pieds !














Je ramène aussi dans ma boite à souvenirs toutes ces merveilleuses peintures aperçues dans son plus célèbre musée, l’Ermittage. Grace à cette visite, j’ai découvert que j’aimais les œuvres des grands maîtres hollandais!








    Portrait de Van Dick

Pour mon dernier jour, le soleil s'est invité ce qui m'a permis de faire de jolies balades le long de la Neva le fleuve qui traverse Saint-Petersbourg









Mon train pour Moscou partait à minuit et demi et j’ai été entourée et accompagnée jusqu’à ma couchette par une joyeuse bande de Couchsurfing que je remercie chaleureusement ici !

Je suis tombée amoureuse de cette ville… mais surtout de ses habitants. BIG THANKS to Dima (x2), Alexandra, Elena (x4 !!), Ana, Anna, Andrey et tous les autres !
Ma première nuit à bord des trains russes s’est très bien passée ! A peine installée une vieille dame à qui j’avais cédé ma place me racontait (en russe évidemment !) sa vie et me prenait dans ses bras disant que j’étais une bonne fille!! Heureusement pour moi, Madina de la couchette d’en face parlait un peu anglais et me traduisait en partie ce que disait cette dame ! Lorsque je lui ai expliqué que je prévoyais d’aller jusqu’au Japon, elle a tenté de m’en dissuader m’expliquant qu’elle avait vécu le siège de Leningrad (ancien nom de Saint-Petersbourg), les bombes… Qu’on avait de la chance de vivre en paix aujourd’hui… Grâce à internet j’appris plus tard que la ville que je quittais avait été assiégée par les allemands pendant 872 jours entre 1941 et 1944 (le siège le plus long de l’histoire moderne) entrainant la mort de 1 800 000 russes (dont un million de civils). Cette dame rencontrée dans le train a prié durant tout le voyage.
M’étant éternisée à Saint-Petersbourg, ma visite de Moscou va être écourtée.  3 jours pour une ville si bouillonnante, c’est rien ! Ma première rhinopharyngite fait son apparition, preuve que l’hiver a commencé ! Du coup je suis un peu ralentie ;)
Suite au prochain numéro ! En attendant je commence ma traversée de la sibérie !!
Dasvidania - до свидания

mardi 20 septembre 2011

RIGA : Sous le soleil exactement

C’est de l’ancien siège des machines à coudre SINGER que je reprends ma plume virtuelle pour vous faire partager la suite de mes aventures !

Avant de vous raconter Saint Petersbourg où je suis maintenant depuis plusieurs jours, revenons à RIGA, la capitale de la Lettonie.

Lorsque je suis arrivée à Riga le 8 septembre 2011, Ivetta (rencontrée à Vienne) est venue me chercher à la descente du car. Ça à l’air de rien mais quand on voyage, ça fait du bien d’être attendu comme ça et ça n’arrive pas souvent !! Le soleil était aussi au rendez-vous aussi ce qui n’était pas pour me déplaire.

Dès les premiers pas dans Riga, on ressent les kilomètres parcourus vers l’Est… l’ancienne union soviétique a laissée de nombreuses traces. Une humeur désuète parcourt la ville et ses gens. Doucement, tout doucement la ville trouve son chemin, s’individualise. Le centre est tout petit, ça change de Varsovie ! Le cœur a été pour beaucoup reconstruit, mais cela reste harmonieux, charmant. Les différents styles se mélangent parfaitement et enfin les touristes se font plus rares ! Septembre y’a pas mieux pour voyager !

J’ai fait exprès d’arriver au moment où Ivetta avait plusieurs jours de congés pour passer du temps avec elle, et c’est ce que j’ai fait ! Pendant 5 jours j’étais comme à la maison. J’ai commencé par me chouchouter un peu et me suis fait un masque de beauté. Lorsque l’hiver arrive, certains rangent leurs affaires d’été tandis que d’autres nettoient et hydratent leur peau !! J’ai jamais été fan de ce rangement de fin de saison et cette fois j’ai une bonne raison de m’y soustraire ! Pendant cette parenthèse lettonienne j’ai cuisiné comme jamais je ne le fais à Paris !! Crêpes pour le pti-dèj, fricassées de légumes-poulet, RE-bœuf Bourguignon… On s’est fait péter la panse pendant 5 jours ! Aperçu


 Pancakes party ! En lettonie on y met soit de la confiture maison soit de la crème fraiche et du sucre (trop bon !!!!)
 


Avec Christine, une amie d’Ivetta, nous sommes allées tester les boites de nuit de Riga. Le Dj n’était pas le meilleur mais on avait envie de s’amuser donc on a dansé jusqu’au bout de la nuit.



                             Et je n'avais meme pas bu....... de Vodka ;))




Je ne sais pour vous mais en ce qui me concerne je n’avais jamais trop entendu parler de cette ville avant de décider d’y aller. Pourtant, elle a tout d’une future grande et ça commence à se savoir ! Il fait vraiment bon vivre ici, les gens sont respectueux, aimables, la plupart de ceux à qui j’ai demandé de l’aide (pour faire les courses par exemple) parlaient quelques mots d’anglais, on y mange bien et surtout il a une centaine de merveilles architecturales partout dans la ville. Moi qui adore l’art nouveau, j’étais aux anges. D’autant que le style architectural expérimenté à Riga est unique en son genre. Les lignes droites sont plus présentes qu’à Barcelone par exemple, les influences germaniques et russes se ressentent. Je vous laisse apprécier !

                                  une des places au coeur de la vieille ville


                                               









                                                Mon immeuble preféré
                                                  









Quand on se balade dans Riga on a le nez en l'air et on a l'impression d'etre regardé tout le temps!Cette ville est habitée, par ses habitants of course mais aussi par toutes ces statues qui ont pour la plupart plus d'un siècle.







                          Pas mal hein ?!!!! Nath j'en veux un comme ça ;))


















 Ivetta habite dans le quartier où se concentre la majeure partie de ces merveille et ci dessus vous pouvez admirer ce qu'elle voit de sa fenetre chaque matin la chanceuse !


Ivetta m’a accueilli comme si on se connaissait depuis toujours et j’ai pu partager pendant quelques jours son quotidien, ses préoccupations. Ivetta est née ici en Lettonie dans une ville proche de la mer baltique. Elle a quitté son pays pendant 7 ans durant lesquels elle a vécu à San Francisco. Elle m’a expliqué ne pas supporter l’étroitesse d’esprit d’une grande frange de la population lettonienne, l’ « ancienne génération » comme elle dit. Qui est majoritaire dans ce pays au vu de son trés faible taux de natalité! Depuis un an elle est de retour et compte rester à Riga où sa famille habite. En Lettonie la corruption est encore monnaie courante et une grande partie de sa population a à peine les moyens de vivre. En effet, les salaires sont très bas alors que les prix de la vie courante sont à peine moins élevés qu’en France. Et je ne vous parle même pas des aides sociales ou médicales… Vaut mieux ne pas perdre son travail ou avoir un pépin de santé ici ! Le gouvernement a été dissout cet été et de nouvelles élections sont prévues (à l’heure où je vous écris elles ont d’ailleurs dû avoir lieux). L’état politique du pays est actuellement très instable.


Depuis 1991, la Lettonie (tout comme ses voisins l’Estonie et la Littuanie) est un état indépendant. Faisant anciennement partie de l’URSS, cette partie « baltique » de l’ancienne union soviétique cherche difficilement son identité, son propre chemin. Les traces laissées sont importantes. L’histoire de la Lettonie et de la Russie sont liées, l’inconscient collectif est empreint de toute la culture soviétique, de toutes ces années de rattachement (d’asservissement diront certains), de toutes ces déportations. La Lettonie a été un des plus grands pourvoyeurs de travailleurs forcés envoyés dans les centaines de goulags sibériens. Le musée de l’occupation de Riga revient sur cette sombre période entre la seconde guerre mondiale et 1991, période durant laquelle la Lettonie a cherché à se défaire du joug soviétique ; Tentant même une alliance avec l’Allemagne à sa période la plus sombre, ce qui ne fut pas la meilleure idée…


Jusqu’à la mort de Staline, en 1953, des milliers de lettoniens (et d’autre bien sûr) seront donc envoyés sans aucune forme de procés dans ces camps de travail forcés pour la plupart situés en Sibérie (easy la Sibérie l’hiver, tout le monde le sait !!). Les conditions de vie dans ces camps étaient si inhumaines qu’au total 5 millions de personnes mourront dans ces goulags (je l’ai appris dans ce musée). Une autre façon de faire… moins connue que celle employée par les troupes nazies mais tout aussi efficace et bien plus rentable pour l’économie.


J’ai choisi de remonter par voie terrestre jusqu’à la Russie pour remonter dans l’histoire et c’est ce que j’ai fait. Moi qui n’était pas réceptive lors de mes cours d’histoire, je m’aperçois qu’en voyage mon esprit est constamment en alerte, veut comprendre le passé, le présent de chaque pays que je traverse. Mieux qu’un cours d’histoire isn’t it ? Juste un partage des quelques réflexions et connaissances qui m’ont traversées et qui je l’espère vous donnera envie de partager votre point de vue ou/et d’approfondir le sujet ! Next step : Saint Petersburg. J’vous biz tous très fort. Ce soir je prends un train de nuit pour Moscou, promis le post sur Saint Pet arrive bientot (mais préparez vous il va etre trés trés long car ma semaine a été des plus riches !!)